Les vagues s'éclatent sur les rochers
Comme les larmes succombent au poids de la blessure
Un seul mot prononcé
Et le goût du baiser ne sera qu'un dessin sur le coin de ma bouche
L'absence est un enfer, à lire comme dans un livre ouvert
Où chaque cauchemar me hante
Le long des murs, les pensées errantes
Sur les pavés glacés des rues étroites et sombres
Allongé, balayé, à demi écrasé
J'attends le train qui passe, que la mort me ramasse
Ecrit moi un simple mot, une rature
Et celle coulure d'encre recouvrira ma déchirure
Pense à moi quand je te le demande
Que je puisse enfin comprendre qui je suis
Pour qui je vis, en mouvement et sans répit
Sous les bombes et les décombres, quand mon c½ur succombe
Tu marches sur mon ombre, dont la silhouette est débris
Quand je ferme les yeux, comme une prière à Dieu
L'étrange imite tes gestes si précieux
Une passion immense, un objet sans défense
Sans paroles ni confiance, on avance
Vers la lumière, si primaire, passagère
Comme amère. Au premier chant du coucou
Au deuxième coup de fusil, j'imagine le sourire
De cet empire que tu m'as fait supporter
Maintenant briser sous la force du pardon
Je me souviens des jours où on marchait sur ce pont
Ce miteux sous lequel tant d'eau a coulé
Emportant les déchets des égouts parisiens
Dans lesquels maintenant je déverse mon chagrin
Derrière le fanal d'une beauté nébuleuse
Prostré sous les barreaux d'une cage malheureuse
La douceur, la fraîcheur s'endort
En mimant la mort
Un rire facile à décrire, enfouie sous sa propre satyre
Perdu dans les escales liées c'est la que tout a commencé
